Modèles de pyrogravure sur papier autocollant, plus d’inconvénients que d’avantages

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Pyrograver avec du papier autocollant : une fausse bonne idée ? (Mon avis après test)

Trouvez-vous que le temps de transfert des modèles de pyrogravure sur votre support est parfois un peu trop long ?

Lors de mes recherches sur la pyrogravure sur calebasse, je suis tombée sur un produit que les Américains appellent Stick ‘n Burn. Des modèles de pyrogravure à coller directement sur son support. Cela vient des États-Unis, et comme vous vous en doutez, la livraison en France n’était tout simplement pas possible, comme c’est le cas pour plusieurs produits de pyrogravure vendus dans ces boutiques américaines.

Stick ‘n Burn © Welburn Gourd Farm

Mais la promesse était tentante : supprimer purement et simplement l’étape de transfert du modèle sur votre support, et pyrograver directement. Un vrai gain de temps, ce que l’on recherche tous puisque la pyrogravure en elle-même en demande déjà beaucoup.

Ne pouvant pas me procurer ce produit en France, je me suis renseignée sur ses caractéristiques : ce n’est ni plus ni moins que du papier autocollant sur lequel est imprimé un modèle de pyrogravure. J’ai appelé cela « modèles de pyrogravure sur papier autocollant », c’est plus parlant que Stick’n Burn, qui signifie littéralement « coller et brûler ».

Cela fait maintenant un peu plus d’un mois que je teste cette méthode, j’ai assez de recul et j’ai réalisé deux projets. Finalement, l’enthousiasme que j’avais au début par rapport au gain de temps s’est évaporé petit à petit au fil de mes essais.

Qu’est-ce que les modèles de pyrogravure sur papier autocollant

Le principe est simple sur le papier (sans mauvais jeu de mots). Il s’agit d’une feuille au format A4, avec une face autocollante, compatible avec une imprimante classique. Vous imprimez votre modèle dessus comme vous le feriez sur une feuille normale, puis vous découpez le motif et vous le collez directement sur votre support, bois, calebasse ou autre.

L’idée derrière cette méthode, comme je vous le disais plus haut, est de vous permettre de pyrograver directement à travers le papier, sans avoir à redessiner ou décalquer votre motif au crayon. Le papier reste collé pendant toute la durée de la pyrogravure, et sert de guide visuel constant. Une fois le travail terminé, vous retirez le papier pour révéler votre pièce.

Contrairement au produit américain que je voulais initialement me procurer, ce papier autocollant que je me suis procuré sur Amazon est vierge. Vous n’achetez pas des motifs tout faits : vous imprimez les vôtres. C’est à la fois une liberté supplémentaire et une étape en plus dans le processus, à garder en tête. Autre différence avec le produit américain : le mien est en papier mat, alors que celui des Américains est en vinyle. Cette différence est fondamentale.

Comment j’ai procédé étape par étape

Pour mon test, j’ai suivi ce déroulé :

  • Tout d’abord, il fallait que je trouve un papier similaire à celui de la boutique Welburn Gourd Farm. Je ne devais surtout pas prendre le même papier en vinyle, car la combustion de ce matériau étant toxique, cela aurait été désagréable à brûler par-dessus. Valarie Connell, du blog Drawing with Fire, le confirme elle-même après avoir testé le Stick’n Burn : l’odeur de la fumée dégagée est très forte et hautement toxique. Je me suis donc orientée vers du papier autocollant mat, au format A4. Certes, il n’est pas transparent, mais il est autocollant, et c’est largement suffisant pour tenir la promesse du gain de temps. Attention à bien choisir une feuille unique au format A4, car il en existe aussi en planches prédécoupées en petites étiquettes.

A4 Papier Autocollant Mat Imprimante, 30/feuilles,1 étiquette par feuille, 210 x 297 mm, pour imprimante laser et jet d’encre

  • Ensuite, j’ai choisi un modèle dans la bibliothèque de ressources du blog Apprendre la pyrogravure, que j’ai redimensionné à la taille de mon support avec mon logiciel d’édition de documents, LibreOffice, sur mon PC.
  • Vient ensuite l’impression : comme il s’agit d’une feuille de stickers, j’ai choisi, dans les options d’impression, le réglage papier photo pour impression à jet d’encre. Avec ce paramétrage, l’impression s’est faite sans ombrage. Il faut juste veiller, dans mon cas, à avoir une pile de papier suffisamment épaisse dans le bac pour que la feuille à imprimer soit bien entraînée.
Modèles de pyrogravure sur papier autocollant
Modèle d’un corbeau sur papier autocollant © Apprendre la pyrogravure
  • Vient ensuite le moment d’utiliser ce modèle de pyrogravure sur papier autocollant. J’ai découpé le contour général du motif aux ciseaux, à la taille du support. Puis j’ai retiré le film protecteur au dos du papier et j’ai positionné le motif sur mon support en bois, en appuyant fermement pour bien le maroufler et éviter les bulles d’air.
Retrait de la partie à coller sur le bois © Apprendre la pyrogravure
Modèle collé sur le bois © Apprendre la pyrogravure
  • Une fois le papier bien fixé, j’ai commencé la pyrogravure directement à travers, en suivant les lignes imprimées avec ma pointe. Et c’est là que je commençais à devenir dubitative, j’y reviendrai plus tard. Pour ce modèle, j’ai fait le choix de pyrograver aussi quelques détails fins : la fausse bonne idée !
Pyrogravure à travers le papier © Apprendre la pyrogravure

Après avoir terminé l’ensemble des tracés, j’ai retiré le papier pour découvrir le résultat final… et cela m’a pris un temps fou ! Alors qu’il restait encore l’étape d’affinage de certains détails directement sur le bois, ainsi que les ombrages.

Retrait du modèle après pyrogravure © Apprendre la pyrogravure

Les avantages du modèle de pyrogravure sur papier autocollant

Avant d’arriver aux inconvénients de cette méthode, encore un peu de patience : il faut tout de même que je vous parle de ces avantages. Le positif d’abord !

  • Si vous êtes débutante et que vous appréhendez le dessin à main levée, c’est une alternative intéressante.
  • Gain de temps : pas besoin de décalquer le modèle, on imprime, on colle et on pyrograve directement. Que vous soyez débutante ou expérimentée, c’est rapide si vous ne voulez pas, ou ne savez pas, dessiner le modèle à main levée sur votre support. Pour un motif complexe avec beaucoup de détails, cela évite la fastidieuse étape de retracer chaque ligne au crayon avant de pyrograver.
  • Précision du positionnement du modèle : contrairement au papier carbone que j’utilise habituellement, où le motif peut légèrement glisser pendant le transfert, le papier autocollant reste parfaitement immobile une fois collé. Aucun risque de décalage en cours de route.
  • Personnalisez entièrement vos modèles puisque le papier est vierge. Vous n’êtes pas limitée à un catalogue de motifs préexistants, contrairement au produit américain qui m’a donné l’idée de départ.

Personnellement, l’avantage qui m’a le plus séduite, c’est le gain de temps. Imaginez donc ma déception quand j’ai dû passer de longues minutes à retirer plusieurs petits bouts de papier fortement collés à mon bois, à la pince fine !

Les inconvénients du modèle de pyrogravure sur papier autocollant

Parlons-en, de ces inconvénients : quand on pèse le pour et le contre, il faut vachement réfléchir avant de sauter le pas et de se lancer.

L’odeur toxique en brûlant l’encre et la colle

Le problème le plus sérieux, et celui qui m’a le plus surprise, concerne l’odeur dégagée pendant la pyrogravure. Quand votre pointe chauffée traverse le papier, vous ne brûlez pas seulement du papier : vous brûlez aussi l’encre d’imprimante et la colle du support autocollant. Le résultat est une odeur très forte, chimique et particulièrement désagréable, bien loin de celle du bois brûlé seul, que je reconnais habituellement sans problème après plus de huit ans de pratique.

Cette odeur n’est pas qu’une question de confort. Brûler de l’encre et de la colle libère des composés dont on ne connaît pas précisément la composition ni la toxicité à l’usage. Je ne peux pas vous garantir l’innocuité de ces vapeurs, et c’est une donnée que je prends très au sérieux dans ma pratique. Valarie Connell déconseille d’ailleurs cette méthode à juste titre. Elle a écrit un article très intéressant où elle explique bien cette question de sécurité liée aux produits toxiques contenus dans l’encre. Je vous laisse le découvrir pour en savoir plus : https://valarieconnellart.com/dwf-pyro-blog-1/2021/1/9/transferring-an-image-to-wood

Le retrait des résidus de papier, un vrai calvaire

Deuxième inconvénient majeur : la colle de ce papier tient beaucoup plus fort qu’on ne l’imagine. Vous vous souvenez de la fausse bonne idée dont je vous parlais plus haut, celle de pyrograver certains détails fins ? Figurez-vous qu’une fois la pyrogravure terminée, retirer les petits bouts de papier que cela a générés ne se fait absolument pas en un seul geste. J’y ai passé un temps considérable avec une pince fine, impossible d’y arriver avec mes doigts seuls, surtout sur les zones où la chaleur de la pointe avait davantage « cuit » la colle au contact du support.

Retrait des résidus de papier avec une pince © Apprendre la pyrogravure

Ce travail de retrait du papier a sensiblement rallongé le temps total consacré à cette pyrogravure, alors que j’étais censée en gagner. Donc, si vous avez des détails fins sur votre modèle, réfléchissez bien avant de les pyrograver directement par-dessus le papier autocollant.

Chaleur importante nécessaire pour marquer le bois à travers le papier

Au début, j’ai commencé à pyrograver avec une température très basse, puis j’ai soulevé le papier pour vérifier tout de même que cela marquait bien le bois. J’ai bien fait, car la trace était à peine visible. Si vous n’êtes pas vigilant, vous risquez de faire toute votre pyrogravure et de vous rendre compte, seulement à la fin, que c’est à peine gravé. Il faudra donc tout repasser par-dessus, et c’est bien dommage ! L’avantage du gain de temps, encore fondu !

Il faut donc augmenter un peu plus la température et littéralement brûler le papier pour marquer le bois. Et c’est précisément là qu’on brûle la colle et que les vapeurs toxiques apparaissent : c’est le serpent qui se mord la queue !

Un léger résidu de colle qui reste à la surface

En tant que passionnée de pyrogravure profonde, j’ai constaté que la colle du papier venait s’y loger mais aussi sur presque toute la surface du bois. J’ai donc dû effectuer un léger ponçage, puis nettoyer ce résidu de colle avec un pinceau et une brosse à dents. Encore du temps en plus, qui n’aurait pas été nécessaire si je n’avais pas utilisé cette méthode.

Ponçage après retrait du papier autocollant © Apprendre la pyrogravure

Nettoyage trop fréquent de la pointe

Avec cette méthode, les dépôts de cendre et de colle fondue s’accumulent rapidement sur la pointe du pyrograveur, ce qui demande des nettoyages très fréquents pendant la session.

Comparaison avec les méthodes de transfert traditionnelles

J’utilise habituellement le papier carbone pour transférer mes modèles, et cette expérience m’a permis de comparer objectivement les deux approches.

  • Le papier carbone demande une étape supplémentaire de calque au crayon avant de pyrograver, ce qui prend du temps en amont. Mais une fois cette étape terminée, vous pyrogravez directement sur le bois, sans aucune odeur parasite. Les seuls résidus à retirer sont les cendres du bois brûlé, très faciles à enlever avec un pinceau. La seule vigilance à avoir est de bien fixer votre feuille pour éviter tout glissement pendant le transfert.
Transfert d’un modèle sur le bois avec du papier carbone © Apprendre la pyrogravure
  • Le papier autocollant, lui, supprime cette étape de calque, mais déplace le problème ailleurs : une odeur de combustion plus désagréable pendant toute la pyrogravure, et une phase de nettoyage après coup qui peut s’avérer plus longue que le calque que vous avez économisé au départ. Sur mon mois et demi de test, le temps global gagné au niveau du transfert du modèle sur le bois n’a pas compensé le temps perdu au retrait des résidus.
Modèle sur papier autocollant pyrogravé © Apprendre la pyrogravure

Sécurité : les précautions indispensables avec cette méthode

Si malgré ces réserves vous souhaitez tester le papier autocollant, certaines précautions ne sont pas négociables.

  • Travaillez impérativement dans un espace bien ventilé, fenêtre ouverte ou avec un système d’aspiration des fumées, encore plus que pour une pyrogravure classique sur bois. L’odeur dégagée par la combustion de l’encre et de la colle est un signal clair qu’il vaut mieux ne pas ignorer. Le mieux reste de pyrograver en extérieur, comme je l’ai fait.
  • Portez un masque adapté à la filtration des particules fines si vous prévoyez une session de pyrogravure prolongée avec cette méthode. Faites également des pauses régulières pour aérer la pièce, plutôt que d’enchaîner de longues sessions sans interruption.
  • Enfin, si vous ressentez une gêne respiratoire, un mal de tête ou une irritation quelconque pendant la session, arrêtez immédiatement et aérez avant de reprendre.

Le verdict après deux pièces finies en bois

Après un mois et demi de test et deux pièces terminées, mon bilan est clair : les inconvénients l’emportent largement sur les avantages pour un usage régulier. La précision du positionnement est réelle et agréable, mais elle ne compense pas l’odeur désagréable (qui peut être dangereuse) pendant la pyrogravure ni le temps passé à retirer les résidus de colle après coup. Bien que je compte utiliser encore cette méthode sur une gourde et sur du cuir, j’émets quand même des réserves quant à une utilisation exclusive pour tous mes projets.

© Apprendre la pyrogravure
© Apprendre la pyrogravure

Je ne recommande pas cette méthode comme solution principale de transfert, en particulier pour ceux qui ne disposent pas forcément d’un espace parfaitement ventilé pour évacuer correctement ces émanations supplémentaires. Je continuerai personnellement à privilégier le papier carbone pour l’essentiel de mes projets.

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